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Royale Gendarmerie à cheval du Canada (RGCC) : 1920 à 1945
LES ANNÉES DE L'ENTRE-DEUX-GUERRE
Table des matières
THE INTERWAR YEARS Nouvelles
responsabilités
Bien que sa tâche pendant les années de l'entre-deux-guerres fût de faire respecter toutes les lois fédérales, la RGCC à cette époque tentait surtout d'éliminer la contrebande d'alcool et le trafic de drogues illicites. La contrebande d'alcool, ou la contrebande de rhum, était très répandue et était étroitement liée à la politique de prohibition du gouvernement selon laquelle les boissons alcoolisées ne pouvaient être légalement obtenues que sur ordonnance médicale. De plus, la prévention de la contrebande était entravée par la corruption qui régnait au sein du ministère fédéral des Douanes. Les bateaux de police patrouillaient le golfe du St-Laurent et les côtes de l'océan Atlantique et de l'océan Pacifique à la recherche des contrebandiers du rhum. Plus tard, avec l'arrivée des patrouilles air-mer plus efficaces, plusieurs réseaux furent démantelés. Un des cas les plus remarquables fut celui du schooner Veda M. McKeown qui fut intercepté le long des côtes de la Nouvelle-Écosse en juillet 1923, portant à son bord 1 700 gallons de rhum, 190 caisses de whisky et 35 caisses de gin.
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| Un bateau de contrebande, Le Charles L, au large de l'Ile du Prince-Édward. Au fur et à mesure que les patrouilles de police deviennent plus efficaces, les contrebandiers abandonnent graduellement la voile en faveur de bateaux à moteur très rapides. | |||||||||||||||||||||||
| La RGCC connut peu de succès dans ses premiers efforts pour appliquer les lois fédérales sur les stupéfiants. Les peines infligées par les tribunaux étaient légères et les enquêteurs étaient souvent gênés dans leur travail par la police locale qui agissait de façon indépendante et n'avait aucun désir de collaborer avec la RGCC. En 1921, la Gendarmerie créa une escouade des stupéfiants dans les villes de Vancouver et de Montréal, et il fut décidé de concentrer les efforts de ces escouades sur les importants réseaux de stupéfiants, laissant le soin aux autorités locales de s'occuper des petits trafiquants. En 1925, la Loi sur l'opium et les drogues narcotiques fut modifiée afin de prévoir des peines plus dures. Par conséquent, la campagne contre les stupéfiants devint plus efficace, et en 1935, le trafic des stupéfiants avait diminué considérablement. | |||||||||||||||||||||||
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L'établissement d'un service de renseignements : une responsabilité de la RGCC Un des buts principaux de l'amalgamation de la police du Dominion et de la Police à cheval en 1920 était d'unir et de renforcer le service fédéral de renseignements de la RGCC nouvellement créée. À ce moment-là, le service de sécurité relevait du Service divisionnaire des enquêtes criminelles (SDEC) de la Gendarmerie. Jusque vers la moitié des années 1930, on pouvait difficilement différencier les enquêtes relatives à la sécurité des autres enquêtes du SDEC. Ce n'est pas avant 1936 qu'une Section du renseignement distincte fut créée au sein du Service qui se trouvait à la Direction générale de la RGCC. Pendant les années de l'entre-deux-guerres, le service de sécurité avait un travail restreint et peu visible. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, en 1939, le service employait seulement trois membres et deux sténographes dans des unités divisionnaires de grandes villes qui enquêtaient sur le mouvement fasciste et les organismes ouvriers dirigés par des communistes. Néanmoins, immédiatement après le début de la guerre, en septembre 1939, les renseignements obtenus étaient d'une grande importance pour identifier les individus soupçonnés de sabotage. En plus de se servir d'informateurs et d'agents d'infiltration, la Section du renseignement utilisa « l'écoute téléphonique » (interception d'appels téléphoniques) pour la première fois vers la fin des années 1930, afin d'obtenir des renseignements d'organismes soupçonnés d'activités subversives. |
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Le maintien de l'ordre pendant les conflits de travail En 1921, on demanda à la RGCC d'aider les autorités provinciales à maintenir l'ordre public au cours d'un certain nombre de conflits de travail. Toutefois, en 1922, le nouveau gouvernement de W. L. Mackenzie King décida que c'était là la tâche de la milice. Par conséquent, on diminua les effectifs de la Gendarmerie de 25 p. 100. Mais en 1930, la RGCC dut à nouveau assumer la responsabilité du maintien de l'ordre pendant des conflits de travail. En 1932, lorsqu'une délégation de chômeurs essaya de rencontrer le premier ministre, on déploya des membres de la Gendarmerie sur la Colline du Parlement. En 1935, un groupe d'employés de relève quitta Vancouver et prit le train pour se rendre à Ottawa, leur intention était de présenter leurs plaintes au gouvernement. Lorsque le train arriva à Regina, on donna l'ordre à la Gendarmerie d'empêcher les protestataires, dont le nombre était passé à plus de 2 000, de poursuivre leur route vers l'est. Une émeute sanglante s'ensuivit au cours de laquelle un policier fut tué et de nombreux policiers et civils furent blessés. Alors que la RGCC ne faisait que suivre des ordres et appliquer la loi, de telles fonctions menèrent encore une fois à des accusations de préjudice à l'endroit des ouvriers.
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| « Marche sur Ottawa. Sous le régime du premier ministre Bennett, on utilise une fois de plus la Royale Gendarmerie à cheval du Canada pour aider les autorités locales à maintenir l'ordre au cours des conflits ouvriers1. » | |||||||||||||||||||||||
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Assumer à nouveau les fonctions de police provinciale Le 1er juin 1928, la RGCC assuma de nouveau les fonctions de police provinciale sur une base contractuelle pour la province de la Saskatchewan. Selon les termes de l'accord d'une durée de sept ans, la RGCC devait avoir un minimum de 220 hommes dans la province et faire respecter toutes les lois fédérales et provinciales, y compris les ordonnances sur l'alcool. En retour, les autorités provinciales furent obligées de payer annuellement 175 000 $ au gouvernement fédéral, en plus des coûts reliés au transport et à l'entretien des prisonniers. Le contrat fédéral-provincial servit de modèle, en 1932, aux accords semblables passés avec les provinces de l'Alberta, du Manitoba, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard. En 1950, la RGCC fut chargée du maintien de l'ordre en Colombie-Britannique et à Terre-Neuve. Les provinces de l'Ontario et du Québec continuaient toutes deux à avoir leur propre corps de police. Le 1er avril 1935, la RGCC assuma les fonctions de police municipale dans la ville de Flin Flon, au Manitoba. Le contrat d'une durée de cinq ans, basé sur ceux conclus antérieurement avec les provinces, stipulait que la ville payerait 3 000 $ annuellement pour les trois hommes qui y maintiendraient l'ordre. Dans les années 1930, la RGCC reçut des demandes de services de maintien de l'ordre dans des municipalités de plusieurs autres communautés, incluant des villes de l'Ontario et du Québec. Toutefois, le gouvernement fédéral établit une politique selon laquelle les services de police municipaux seraient restreints aux provinces où la RGCC avait déjà mandat d'exercer ses fonctions. Pendant ce temps, la RGCC continuait à remplir le rôle de police frontalière dans le Nord. Les fonctions des gendarmes étaient souvent difficiles et dangereuses, elles incluaient des tâches variées comme le fait de rechercher des personnes disparues, porter secours à des trappeurs blessés et à des Autochtones souffrant de la faim; faire respecter les lois sur le gibier; observer les conditions climatiques pour le bureau météorologique; et bien sûr, enquêter sur les crimes. Au début des années 1920, on demanda à la Gendarmerie d'enquêter sur une série de meurtres perpétrés sur des Inuits. Selon la politique, en pareil cas il fallait faire une enquête, appeler les témoins, ordonner la formation d'un jury et présider un procès selon les bonnes procédures judiciaires. Dans le Nord canadien, tout cela prenait beaucoup de temps étant donné les distances, la barrière langagière, le très petit nombre de personnes qui pouvaient assumer les fonctions de juré et la nécessité d'amener juge et conseillers du Sud. Dans un cas en particulier, un membre de la Gendarmerie fut contraint de remplir tour à tour plusieurs rôles : shérif adjoint, garde, coroner, et juge de paix. Le recensement des Inuits présentait un autre problème difficile à la RGCC à cause du manque de renseignements sur les dates de naissance et la filiation de l'enfant. En 1928, une épidémie de grippe balaya toute la basse vallée du Mackenzie et la côte arctique. Les membres de la Gendarmerie agissant en tant que médecins, cuisiniers, entrepreneurs de pompes funèbres et fossoyeurs finirent par avoir le contrôle de la situation, mais pas avant que 74 personnes ne décèdent de la maladie. Les patrouilles de la RGCC continuèrent de repousser les limites de l'exploration dans l'Arctique. Au cours de l'hiver 1926-1927, la police commença de faire des patrouilles et d'offrir un service de courrier, connu sous le nom de « Husky Express », le long de la côte arctique, de Cambridge Bay à l'île Victoria, jusqu'à l'île Herschel. En 1928, une patrouille partit de Pond Inlet en direction du sud, traversant l'île de Baffin pour aller jusqu'à Igloolik, situé à l'une des extrémités de la presqu'île Melville. La même année, un Autochtone souffrant de troubles mentaux fut transporté par avion de Fort Good Hope, le long du fleuve Mackenzie; ce fut la première patrouille de la RGCC par avion. En 1929, une patrouille conduite par l'inspecteur A. H. Joy lutta contre le blizzard, des murs de glace sur la mer, des ours affamés pour se déplacer de l'île de Devon jusqu'aux îles Parry, puis en direction nord-est jusqu'à la presqu'île Bache, soit une distance de 1 700 milles. L'extraordinaire voyage de 81 jours fut couronné de succès et permis de conquérir le dernier grand groupe d'îles de l'Arctique canadien. Le fameux explorateur V. Stefansson décrivit l'expérience comme le « meilleur voyage en traîneau jamais fait » par la Gendarmerie. Le St. Roch, construit pour la RGCC, arriva à l'île Herschel en 1928. La goélette à moteur de 80 tonnes fut spécialement conçue pour servir dans l'Arctique comme bateau d'approvisionnement et détachement flottant. Les membres de l'équipage étant des membres de la RGCC, le St. Roch visitait les détachements de l'Arctique de l'Ouest au cours de l'été et pendant l'hiver, bloqué par les glaces, il devenait un détachement de police.
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| « Le St. Roch quittant Halifax (Nouvelle-Écosse) lors de la seconde tentative pour traverser le passage du Nord-Ouest, le 22 juillet 19441. » | |||||||||||||||||||||||
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Protection de la souveraineté canadienne dans l'Arctique Dans l'extrême-nord, au-delà des régions continentales canadiennes, se trouve l'archipel Arctique. La région, à laquelle on fait référence généralement comme l'Arctique de l'Est, s'étend sur plus de 400 000 milles carrés. Le Canada obtint le contrôle de ces îles de la Grande-Bretagne en 1880, mais à cette époque, ne fit rien pour proclamer sa souveraineté sur la région. Cependant, en 1882, une expédition des États-Unis établit une station scientifique sur l'île d'Ellesmere. Plus important encore, les explorateurs d'une expédition norvégienne, qui eut lieu de 1898 à 1902, revendiquèrent plusieurs îles situées à l'ouest de l'île Ellesmere à cause des droits afférents à la découverte et essayèrent de persuader les gouvernements de la Norvège et de la Suède de proclamer leur souveraineté sur ces îles. C'est pourquoi le gouvernement autorisa une série d'expéditions dans le Grand Nord pour affirmer la souveraineté canadienne. En 1909, on installa une plaque sur l'île Melville afin de proclamer cette souveraineté sur toute la région. Vers la fin de la Première Guerre mondiale, il semblait que la question était réglée. En 1920, on signala néanmoins une expédition de chasseurs danois qui, selon les rapports effectués, avaient tué un grand nombre de boeufs musqués, animaux protégés selon le droit canadien. Pour affirmer sa souveraineté sur ces îles, le gouvernement décida d'établir plusieurs détachements dans la région. Par conséquent, en 1926, des détachements de la RGCC furent créés sur la côte est de l'île de Baffin, sur l'île Devon et sur la presqu'île Bache de l'île Ellesmere à environ 650 milles du pôle Nord. À la fin de la décennie, la souveraineté canadienne sur l'Arctique de l'Est n'était plus remise en cause. Pendant la période de l'entre-deux-guerres, des patrouilles partaient annuellement des détachements permanents de la RGCC situés dans tous les Territoires du Nord-Ouest et dans l'Arctique de l'Est
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| L'archipel Artique canadien | |||||||||||||||||||||||
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La modernisation dans les années 1930 En dépit du marasme économique et des tensions sociales des années 1930, la Royale Gendarmerie à cheval du Canada connut une période de progrès remarquables. Le nouveau commissaire, James H. MacBrien, était résolu à faire de la RGCC un organisme bien équipé, avec des policiers très bien formés et capables de combattre les criminels des temps modernes avec des méthodes modernes. Il créa le poste de sous-commissaire et le nombre de commissaires adjoints passa de deux à sept. Les effectifs de la RGCC furent augmentés à 2 348 membres. MacBrien mit l'accent sur une formation plus intensive des recrues. On mit sur pied un nouveau programme de six mois, qui comprenait deux parties. Pendant la première partie, les recrues apprenaient les premiers soins, le judo, les exercices à pied et à cheval, le maniement des armes à feu, et elles suivaient des cours de conditionnement physique. Pendant la deuxième partie, les recrues devaient suivre des cours sur le Code criminel et les autres lois, les enquêtes criminelles, l'administration, les relations publiques, la dactyloscopie, la balistique et d'autres techniques scientifiques visant à les aider dans leur travail; ils devaient aussi apprendre la dactylographie et la conduite et l'entretien des véhicules à moteur. En plus, les recrues devaient assister à des procès et participer, en collaboration avec des étudiants en droit, à des procès fictifs. En 1935, sept étudiants se virent accorder une subvention pour suivre à temps plein des cours de droit à l'université. Au cours de la même année, on envoya deux officiers supérieurs en Grande-Bretagne pour suivre un cours de trois mois à Scotland Yard et pour étudier les systèmes policiers de l'Angleterre, de la France et de la Belgique. Lorsqu'ils revinrent au pays, leur savoir nouvellement acquis fut inclus dans les cours de formation sur les méthodes d'enquête scientifiques et sur le signalement descriptif d'une personne (le portrait parlé). Les années 1930 furent aussi témoin de l'agrandissement des installations de la RGCC, ainsi que de l'amélioration d'une grande variété de méthodes de prévention et de détection du crime En 1932, la RGCC fut chargée de la responsabilité du service de répression du ministère du Revenu national, et de sa flotte d'environ 35 bateaux. C'est ainsi que le Service de la marine s'intégra à la RGCC. Le but premier de ce service était de patrouiller le long des côtes de l'Atlantique et du Pacifique, et sur les eaux intérieures du Canada afin de prévenir la contrebande. Avec l'aide de la radio et des avions, on créa un service de patrouille air-mer-terre qui diminua considérablement la contrebande, spécialement celle du rhum.
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| « Les patrouilleurs de la RGCC MacDonald et Laurier prêts pour le lancement à Québec le 20 août 1936. Ces deux navires étaient spécialement conçus pour la Section de la marine1. » | |||||||||||||||||||||||
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En 1911, la police du Dominion créa un bureau de dactyloscopie. En 1920, on en transféra les opérations à la RGCC. En 1935, la Single Finger Print Collection contenait 35 000 cartes, avec sur chacune d'elles les empreintes digitales d'un criminel connu considéré comme un récidiviste probable. Le 1er janvier 1935, après une modification apportée au Code criminel exigeant l'enregistrement de tous les pistolets et revolvers, la RGCC ouvrit la Section des armes à feu à la Direction générale. En deux ans, on enregistra 150 000 armes au fichier. De 1908 à 1935, les membres de la RGCC utilisèrent à l'occasion des chiens de propriétaires privés pour les aider dans certaines de leurs enquêtes. En 1935, on créa les Services cynophiles après avoir acquis trois bergers allemands. (Le premier chien acheté fut un membre officiel de la Gendarmerie avec son propre dossier.) En 1937, une école de formation pour les chiens et leur conducteur fut ouverte à Calgary. Les chiens étaient formés pendant une période allant jusqu'à douze mois afin de s'assurer qu'ils pouvaient s'adapter à divers types d'urgence. Les chiens se montrèrent très efficaces dans les cas où il était question de vol, d'incendie criminel, de personnes disparues ou recherchées, et de détection de substance illicite. En 1940, la RGCC gagna sa première cause au moyen d'une preuve obtenue par le travail d'un chien de recherche. En janvier 1937, la Gendarmerie créa un fichier de modus operandi, basé sur le principe que les criminels tendent à employer les mêmes méthodes lorsqu'ils récidivent. Tiré d'un système mis sur pied par Scotland Yard, le fichier est un registre national des récidivistes notoires comprenant leurs caractéristiques, leur signalement et leurs méthodes. Le nouvel outil de travail connut un tel succès qu'on établit en 1938 une Section des services photographiques nationaux et un fichier judiciaire selon le système du modus operandi. Le premier laboratoire judiciaire de la RGCC fut créé à Regina en 1937. Les installations du laboratoire furent bientôt agrandies pour inclure des sections spécialisées comme les documents, la toxicologie, le spectrographe, les armes à feu, l'atelier d'usinage. Un deuxième laboratoire fut ouvert à Rockcliffe deux ans plus tard. En 1932, après la prise en charge des responsabilités du service de répression, la RGCC obtint des services d'aviation grâce à une entente avec le GARC pour l'aider à patrouiller le long des côtes canadiennes de l'Est et de l'Ouest afin de prévenir la contrebande. On mit fin à cette entente en 1936, et un an plus tard, il fut décidé que la RGCC achèterait son propre avion et créerait un Service de l'air. Le Service est particulièrement utile dans le Nord où l'avion est essentiel pour fournir des services modernes de police.
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| « Les quatre Dragonflies originaux de la RGCC, Section de l'air, à Toronto, en juin 19371. » | |||||||||||||||||||||||
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En mars 1937 parut le premier numéro de la Gazette de la Royale Gendarmerie à cheval du Canada. La Gazette donnait les dernières nouvelles sur les criminels recherchés, les arrestations importantes, les biens volés, les personnes disparues, les crimes récents avec le modus operandi, et les déplacements de contrevenants connus. Seuls les services de police reconnus du pays recevaient la publication. La Gendarmerie publia
aussi le Royal Canadian Mounted Police Quarterly dont le premier numéro
parut en 1933, l'année de la fondation du musée à
la Division Dépôt, à Regina. La publication était
conçue pour informer, enseigner l'histoire et d'autres sujets d'intérêt
pour les membres de la RGCC, et également pour aider le public
à mieux connaître les fonctions et les activités de
la Gendarmerie. Transmission de bulletins de police au cours d'émissions radiophoniques En octobre 1938, un accord fut conclu entre la station radiophonique CKCK de Regina et la RGCC pour l'émission de bulletins de police. Les bulletins transmis deux fois par jour signalaient les voitures volées, les personnes disparues ou recherchées et les évadés de prison. Au début, la majorité des voitures de police et des détachements n'étant pas équipés de radio, les membres de la Police s'arrangeaient pour se rendre dans des fermes, des restaurants ou des stations d'essence qui possédaient des postes récepteurs. On demandait également au public d'écouter les bulletins et d'aider la Police.
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| « Le premier émetteur de la Royale Gendarmerie fut mis en service à Winnipeg en 19401. » | |||||||||||||||||||||||
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Le premier guidon et la Médaille d'ancienneté Le premier guidon a été donné à la RGCC en 1935 par le gouverneur général Lord Bessborough. Il porte les décorations des campagnes suivantes : Rébellion du Nord-Ouest 1885, Afrique du Sud 1900-1902, France et Flandres 1918, Sibérie 1918-1919. De plus, c'est en 1935 que fut remise pour la première fois la Médaille d'ancienneté. Elle est remise aux membres de la Royale Gendarmerie à cheval du Canada après 20 ans de bonne conduite et de service satisfaisant. En 1939, la Gendarmerie comptait un effectif de plus de 2 600 hommes. Un nouveau commissaire, Stuart T. Wood, avait été nommé un an plus tôt, après le décès de J. H. MacBrien. La RGCC était maintenant bien établie en tant que corps de police moderne. Comme moyen de transport, le cheval avait pratiquement disparu ayant été remplacé par des véhicules à moteur équipés de radio et par les services de l'air et de la marine. Un des avions du Service de l'air était affecté à Regina pour transporter les membres du laboratoire judiciaire dans tout le pays afin de donner des preuves en cour. Pour le district du fleuve du Mackenzie, on acheta un hydravion équipé d'un appareil radio émetteur-récepteur, le premier avion de la police qui fut utilisé dans le Grand Nord.
Lorsque la guerre éclata en 1939, les responsabilités de la RGCC en matière de sécurité nationale augmentèrent considérablement, ce qui entraîna une expansion rapide de la Section du renseignement. Comme pendant la guerre de 1914-1918, la principale fonction de la Section concernait l'enregistrement et l'internement des sujets de pays ennemis. Le commissaire de la RGCC fut nommé registraire général des sujets de pays ennemis et 16 000 Allemands avaient été enregistrés quand le mois de mars 1940 arriva. Lorsque l'Italie entra en guerre quelques mois plus tard, grâce à ses dossiers, la RGCC put rapidement identifier, arrêter et mettre en détention les immigrants italiens soupçonnés de représenter un danger pour la sécurité du Canada. En mars 1941, tous les résidents canadiens ayant la citoyenneté japonaise qui n'avaient pas adopté la citoyenneté canadienne en 1922 au plus tard furent enregistrés de la même manière. Les fonctions de la Gendarmerie en temps de guerre comprenaient également la confiscation jusqu'à la fin de la guerre des armes à feu et des explosifs dont les sujets de pays ennemis étaient en possession, la prévention du sabotage et l'application des nombreuses mesures d'urgence. En plus, la RGCC avait la responsabilité de protéger les installations vitales comme les ponts, les canaux, les ports, les arsenaux maritimes, les usines essentielles, et d'autres sites stratégiques susceptibles d'être l'objet de sabotage. Une sous-section spéciale de la Section du renseignement fut créée à cette fin, elle comprenait plus de 1 200 gendarmes spéciaux, avant tout des anciens membres et des retraités, qui furent recrutés pour garder des endroits désignés. Le Service de la dactyloscopie se vit charger de la tâche astreignante de garder à jour les dossiers des sujets des pays ennemis et des prisonniers de guerre envoyés au Canada, ainsi que de vérifier les empreintes digitales de tous les employés de l'industrie de guerre et des candidats faisant une demande pour un travail de nature délicate. L'application des nouveaux règlements de la Défense canadienne exigea l'enregistrement de quelques 1 700 000 carabines et fusils de chasse, ainsi que l'enregistrement renouvelé des revolvers et des pistolets. De surcroît, avec l'introduction du rationnement et du plafonnement des prix, l'émergence du « marché au noir » venait ajouter des responsabilités à une Gendarmerie déjà surchargée. Pour faire face aux responsabilités additionnelles pendant la guerre, la RGCC utilisa la réserve composée de volontaires à temps partiel. Ces derniers aidèrent les brigades chargées du marché noir, participèrent à la vérification des navires dans les ports et à la garde du premier ministre Winston Churchill et du président F. D. Roosevelt lors des conférences de 1943 et de 1944 à Québec, et renoncèrent même à leurs vacances afin de patrouiller dans le golfe du Saint-Laurent lorsqu'on y découvrit des sous-marins ennemis. Pendant la guerre, la présence de la RGCC aux Territoires du Nord-Ouest et au Yukon prit une nouvelle importance avec la construction de la route de l'Alaska et du pipeline allant de Norman Well à Whitehorse. La Gendarmerie avait la tâche de maintenir l'ordre le long du tronçon canadien de la nouvelle route, ainsi que dans plusieurs aéroports de l'Arctique. Voilà pourquoi il fallut augmenter le nombre de détachements dans ces régions. Réduction des effectifs de la RGCC Comme pendant la guerre de 1914-1918, la RGCC vit ses effectifs diminuer pendant la Seconde Guerre mondiale. Les navires du Service de la marine et les 155 officiers et gendarmes furent transférés à la Marine royale du Canada. Plusieurs avions du Service de l'air, ainsi que neuf membres d'équipage furent transférés à l'ARC. De plus, un nombre limité de policiers reçurent la permission de former la compagnie de prévôté no 1, RGCC, pour servir outre-mer. Pendant toute la période de la guerre, on ne recruta pas de nouveaux membres. Par conséquent, la plus grande partie du travail administratif qui était fait par des membres en uniforme le fut par des civils, des femmes en majorité.
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| La compagnie de prévôté no 1, RGCC, en marche dans le Sussex, Angleterre, juillet 1942. | |||||||||||||||||||||||
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Les déplacements du St. Roch pendant la guerre Avec la déclaration de la guerre, le besoin d'affirmer la souveraineté canadienne dans l'Arctique devint à nouveau une question pressante. En 1940, le St. Roch, sous le commandement du sergent Henry A. Larsen, reçut l'ordre d'aller de Vancouver à Halifax en empruntant le passage du Nord-Ouest. Le St. Roch quitta Vancouver le 23 juin et, contournant l'Alaska, le bateau atteignit le passage par la côte Ouest. Battu par les vents, entouré de brouillard et entravé par les glaces, le 25 septembre, le St. Roch avait parcouru 5 220 milles. Larsen jeta l'ancre dans la baie Walker, près de l'île de Victoria, pour l'hiver. Pendant ce temps, l'équipage patrouilla les îles de l'Arctique en traîneau à chiens. À l'été 1941, il n'y eut que six semaines pendant lesquelles il fut possible de naviguer. Le bateau passa son deuxième hiver, du 11 septembre 1941 au 3 août 1942, bloqué par les glaces de la baie Pasley, le long des côtes de la péninsule Boothia. De 1940 à 1942, l'équipage du St. Roch eut pour mission de recenser la population inuite d'une grande partie de l'Arctique. Le tronçon suivant du trajet s'avéra le plus difficile de tous. Un cylindre du bateau tomba en panne, il n'en restait donc plus que cinq qui fonctionnaient, l'expédition dut faire face aux pires orages et aux glaces les plus dangereuses rencontrées sur leur route, et ils évitèrent de justesse un tourbillon. Le bateau réussit tout de même à traverser le passage pour atteindre la baie de Baffin et arriver à Halifax le 11 octobre. Le St. Roch fut le premier bateau à naviguer sur les eaux du passage du Nord-Ouest par la route du sud en partant de l'ouest. En 1944, Larsen retourna à Vancouver par la route du nord en moins de trois mois. Là encore, le St. Roch fut le premier bateau à naviguer par cette route et le premier à traverser le passage du Nord-Ouest en une saison. De surcroît, le St. Roch fut le seul bateau qui ait traversé le passage dans les deux directions. À la fin de la guerre, en 1945, l'importance de la RGCC fut reconnue à la fois au pays et à l'étranger. La Gendarmerie avait assumé les responsabilités afférentes au maintien de l'ordre dans six provinces et avait conclu des ententes avec 56 municipalités des Prairies. Pendant ce temps, des représentants de corps de police de l'étranger étaient venus au Canada pour étudier l'organisation et les méthodes de formation de la Gendarmerie. Le Service du personnel, créé en 1944, était un mécanisme moderne du processus de recrutement, car désormais les candidats allaient être jugés pour leur personnalité et leur mentalité, ainsi que pour leur niveau d'instruction et leurs capacités physiques. De plus, étant donné le besoin grandissant d'avoir diverses méthodes d'identification, on créa au cours de la même année un service d'identité judiciaire qui comprenait six sections : dactyloscopie, modus operandi, photographie, « note de mise en liberté » pour les personnes en liberté conditionnelle, enregistrement des armes à feu et la Gazette de la RGCC. FIN DU MODULE III
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1. De quelle manière la période de l'entre-deux-guerres a-t-elle été la plus importante pour l'évolution de la Gendarmerie et pour son établissement en tant que police fédérale?
2. Quel rôle joua le St. Roch et quelle tâche importante a-t-il accompli au cours de la Seconde Guerre mondiale?
3.Pour quelle activité la RGCC a-t-elle été critiquée au cours années 1930?
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