![]() |
|
|||||||||||||||||||||||||
|
MODULE
I
POLICE À CHEVAL DU NORD-OUEST (PCN-O) : 1873 À 1904
Table des matières
Les événements précédant la création de la PCN-O Après l'acquisition en 1870 des Territoires du Nord-Ouest de la Compagnie de la Baie d'Hudson, le Canada a dû assumer la responsabilité d'établir et de maintenir l'ordre dans le nouveau territoire. La tâche était énorme. La vaste contrée, incluant la plus grande partie des provinces actuelles des Prairies, le nord de l'Ontario et du Québec et beaucoup de régions subarctiques, était surtout habitée par des marchands de whisky peu scrupuleux et des tribus d'Indiens* nomades. Les marchands fournissaient aux Indiens de l'alcool, des fusils et des munitions en échange de précieuses peaux de bison, de fourrures et de chevaux. Le maintien de l'ordre et l'administration de la justice étaient grandement inexistants. Un système de justice rudimentaire avait été mis en place par la Compagnie de la Baie d'Hudson - des juges de paix étaient affectés aux divers postes de traite, et à Fort Garry, au nord de ce qui est aujourd'hui Winnipeg, il y avait un tribunal pénal et un tribunal civil. De façon générale, cependant, la violence, le désordre et l'absence de loi prédominaient. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
|
La même année où le Canada obtint le contrôle des Territoires, un officier de l'armée britannique, le lieutenant William Butler, fut chargé par le gouvernement canadien de parcourir le pays et de noter les conditions qui prévalaient le long de la nouvelle frontière. Dans son rapport soumis en 1871, Buttler écrivit que « les institutions responsables de la loi et de l'ordre, au sens où on les entend en pays civilisé, y étaient totalement inconnues ». Pour établir l'ordre, il recommanda la création d'une force militaire bien équipée de 100 à 150 hommes dont un tiers seraient à cheval. En 1872, le colonel P. Robertson-Ross, commandant de la Milice du Canada, fit une deuxième reconnaissance dans l'Ouest. Son rapport confirma l'évaluation de la situation faite par Butler, il conclua toutefois qu'une « importante force militaire n'était pas nécessaire, mais qu'une certaine force s'avérerait indispensable pour la sécurité du pays, afin de maintenir l'ordre et d'éviter que le sang coule ». Il recommanda la création d'un régiment de 500 fusiliers à cheval, et suggéra la tunique rouge dans l'uniforme. Le premier premier ministre du Canada, Sir John A. Macdonald, eut l'intention de créer un corps de police à cheval en 1869, l'année où le transfert des Territoires du Nord-Ouest au Canada était initialement prévu. À cette époque, il envisagea un corps de fusiliers à cheval qui « ne devait pas être de caractère expressément militaire, mais devait plutôt se modeler sur un corps de police et disposer de la formation militaire de l'Irish Constabulary ». De plus, le corps de police devait être composé « d'un mélange d'hommes blancs et britanniques et de francophones sang-mêlés », d'après le modèle britannique utilisé pour contre-attaquer les conflits religieux et raciaux dans la colonie des Indes. Cependant, la Rébellion de la rivière Rouge obligea Sir John A. Macdonald à reporter ses plans, ainsi que le transfert du Nord-Ouest sous le contrôle canadien. |
||||||||||||||||||||||||||
|
*
Dans le Module 1, qui couvre la période allant de 1873 à
1904, le terme « Indien » est utilisé à la place
de l'expression mieux adaptée aux différences culturelles
« les membres des Premières nations ». La terminologie
reflète l'usage en cours au XIXe siècle et n'a pas pour
but de diminuer les membres des Premières nations ou de leur manquer
de respect. Il en va de même pour la désignation désuète
de « sang-mêlé » à l'égard des
descendants des Métis. |
||||||||||||||||||||||||||
|
Création
de la Police à cheval du Nord-Ouest |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| « Fort Whoop-Up, 1872. En 1869, deux trafiquants du fort Benton, Joe Healey et Al Hamilton, construisent un poste de traite au confluent des rivières Belly et St. Mary, au sud-ouest de la ville actuelle de Lethbridge, en Alberta. L'année suivante, il est partiellement détruit par le feu et on reconstruit un nouveau bâtiment à 300 pieds environ au nord de l'emplacement initial. D'abord appelé fort Hamilton, on le baptisa bientôt fort Whoop-Up, le plus connu des forts du whisky. Voici un groupe d'Indiens Bloods à l'extérieur du fort au-dessus duquel flotte le drapeau de l'une des compagnies de traite1. » | ||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| «
Avis de recrutement de 1874. Le commissaire French n'eut pas de difficultés
pour le recrutement. Au cours de la plus grande partie de l'histoire de
la Police à cheval, le nombre de postulants a de loin dépassé
le nombre de postes disponibles. Une des quelques exceptions à cette
règle s'est produite juste avant la Première Guerre mondiale,
lorsque les bas salaires et l'absence de chômage obligèrent
la Police à ouvrir un bureau de recrutement à Londres, en
Angleterre1. » |
||||||||||||||||||||||||||
Par conséquent, le recrutement de la PCN-O commença en septembre 1873, en Ontario, au Québec et dans les Maritimes. Bien que l'Acte de la police à cheval ait prévu un total de 300 hommes, seuls 150 furent recrutés à ce moment-là. Pour être accepté dans la police, il fallait « être de complexion robuste, savoir monter à cheval, être actif et vigoureux, doué d'un excellent caractère et âgé de plus de dix-huit et de moins de quarante ans ». De plus, les hommes devaient « savoir lire et écrire l'anglais ou le français ». Il est intéressant de noter qu'il y avait des membres bilingues parmi les premières recrues, ainsi que quelques recrues de la province de Québec qui ne parlaient que le français. Les hommes recevaient 75 cents par jour et devaient s'engager pour une période de trois ans à la fin de laquelle, si leur service avait été satisfaisant, ils pouvaient obtenir gratuitement une concession de 160 acres de terre dans les Territoires du Nord-Ouest. Le 150 nouvelles recrues se rassemblèrent à Collingwood, en Ontario, le 4 octobre 1873, avant de partir pour Lower Fort Garry où ils commencèrent leur formation. Après un voyage difficile, les hommes arrivèrent à destination le mois suivant, et le 3 novembre, ils commencèrent officiellement leur service dans la Police à cheval. Pendant ce temps, le premier ministre avait nommé George A. French commissaire permanent. La célèbre Marche vers l'Ouest Le 6 novembre, trois jours après l'assermentation des premières recrues, Sir John A. Macdonald démissionna de son poste de premier ministre. Alexander Mackenzie et son nouveau gouvernement, déterminés à éliminer le trafic du whisky et à établir l'ordre dans l'Ouest, annoncèrent leur projet d'envoyer une expédition de « trois cents cavaliers armés entièrement équipés » dans les Territoires du Nord-Ouest. L'expédition serait commandée par le commissaire French et « bien que policiers de nom, les hommes seront en uniforme rouge ». En choisissant l'uniforme de la Police à cheval, le gouvernement suivit les recommandations de nombreux observateurs (dont P. Robertson-Ross et Lord Dufferin, gouverneur général du Canada) qui avaient fait remarquer le respect de longue date que les tribus indiennes avaient pour les uniformes rouges des soldats britanniques. En mars 1874, le commissaire French, qui avait déjà averti Ottawa que les 150 hommes placés sous son commandement ne suffisaient pas pour accomplir les tâches assignées à la Police à cheval, obtint l'autorisation d'organiser trois autres divisions de 50 hommes chacune. Le 6 juin, les nouvelles recrues partirent de Toronto pour se joindre au premier contingent à fort Dufferin, au Manitoba, 60 milles au sud de Winnipeg. Ils arrivèrent le 19 juin et les préparations pour la Marche vers l'Ouest commencèrent immédiatement. Le commissaire French reçut l'instruction de passer par la rivière Belly, dans les collines du Cyprès au sud de l'Alberta. Il y laissa plusieurs hommes, puis l'expédition continua vers le nord, en direction de fort Edmonton. Le 8 juillet, l'expédition se mit en branle pour se rendre à sa destination, quelques 800 milles à l'intérieur du territoire inhabité. La colonne, longue de deux milles, 275 officiers et hommes, (la totalité de la Police à cheval), ainsi que des chevaux, des boeufs de trait, du bétail, des carrioles, des chariots, de l'artillerie et de l'équipement agricole. Quand l'expédition atteignit Roche Percée le 24 juillet, à environ 275 milles du point de départ, beaucoup de chevaux et de boeufs étaient proches de l'épuisement. Le 1er août, le commissaire French décida qu'une division devait se rendre directement au poste de la Compagnie de la Baie d'Hudson, à fort Edmonton, avec les animaux les plus faibles. Le reste de l'expédition continua vers l'Ouest. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| « Camp de la PCN-O à Rivière Courte, par Henri Julien. Le 24 juillet 1874, la Police passe à Roche Percée et campe sur les bords de la rivière Souris, à Rivière Courte, ou Short Creek, à proximité de la ville actuelle de Estevan, en Saskatchewan. Le commissaire y trouve de l'eau, de l'herbe et du bois1. » | ||||||||||||||||||||||||||
|
La Marche devint encore plus difficile en août et au début de septembre. Les hommes souffraient de la chaleur et des conditions difficiles du voyage, tandis que le manque d'eau et de nourriture continuait d'aggraver l'état du bétail. Le 12 septembre, l'expédition atteignit sa destination, à proximité du confluent des rivières Bow et Belly. Toutefois, au désespoir du commissaire French, rien n'indiquait que le fort Whoop-Up se trouvait à cet endroit ni qu'il y avait des trafiquants de whisky. En fait, fort Whoop-Up était situé plus à l'Ouest qu'on ne le lui avait dit au départ. Les hommes et les animaux de l'expédition étaient alors dans une condition désespérée. Les chevaux et les boeufs mouraient à une rapidité alarmante. De plus, les conditions atmosphériques se déterioraient et on craignait un hiver précoce. L'expédition retourna vers le sud, et alla jusqu'à Sweet Grass Hills, près de la frontière des États-Unis, où les hommes et les animaux firent halte dans de bons pâturages. Pour obtenir de nouvelles provisions, le commissaire French et quelques hommes traversèrent la frontière pour se rendre jusqu'à fort Benton, au Montana. Là, French reçut un télégramme d'Ottawa avec l'instruction de laisser une grande partie des hommes dans le sud de l'Alberta et de retourner vers l'est avec le reste des hommes, à Swan River, au Manitoba, où le gouvernement avait décidé d'installer les quartiers généraux de la Police à cheval. Le 29 septembre, accompagné de deux divisions, French amorça le voyage de retour. La tâche d'établir un poste de police et de maintenir l'ordre public dans les collines du Cyprès revenait maintenant au commissaire adjoint, James Macleod. Accompagné de Jerry Potts, un guide et interprète sang mêlé qui avait été embauché à fort Benton et qui allait devenir un atout précieux pour la Police à cheval, Macleod et les divisions restantes continuèrent vers l'Ouest. Le 9 octobre, ils atteignirent leur principal objectif, le tristement célèbre bastion des trafiquants de whisky, le fort Whoop-Up, qui se trouvait au confluent des rivières St. Mary et Belly. À leur surprise, toutefois, le lieu était presque désert. Les trafiquants de whisky avaient fui, de l'autre côté de la frontière, ou étaient revenus à un commerce plus légal. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
Quittant fort Whoop-Up, le commissaire adjoint et ses hommes se dirigèrent vers le nord-ouest pour trouver des quartiers d'hiver, et ils arrivèrent sur les rives de la rivière Old Man le 13 octobre. Ils construisirent un poste de police sur le site, le premier poste de la PCN-O dans l'Ouest. On l'appela fort Macleod, du nom de l'officier qui le commandait. |
||||||||||||||||||||||||||
|
Le fort Macleod en 1874 |
||||||||||||||||||||||||||
| La
PCN-O et les tribus indiennes
L'arrivée de la PCN-O marqua le début d'une ère nouvelle le long de la frontière canadienne. À la fin de 1874, le trafic de whisky avait diminué grandement, la loi était appliquée et l'ordre établi. Dans les années qui suivirent, il y eut peu de crimes graves, la plupart des délits étaient communément des vols de chevaux. Pour préserver la paix, la Police à cheval avait surtout la responsabilité de faire appliquer l'ordonnance sur l'alcool, qui interdisait l'entrée et la fabrication de boissons alcooliques aux Territoires du Nord-Ouest « sauf pour l'usage médical et les sacrements ». Pendant la décennie qui suivit, la tâche principale de la Police à cheval fut d'établir de façon durable des relations pacifiques avec les diverses tribus indiennes. Le 1er décembre 1874, le commissaire adjoint rencontra les chefs de la Confédération des Pieds-Noirs à fort Macleod. Il insista sur le fait que la PCN-O n'était pas venue avec l'intention de confisquer leurs terres, mais pour leur expliquer les nouvelles lois qui devaient être appliquées à la frontière. Il assura les chefs que les lois canadiennes seraient administrées avec justice et que tous ceux qui les enfreindraient, Blancs ou Indiens, seraient punis au même titre. Grâce à son tact et à sa compréhension, Macleod réussit à gagner le respect des chefs indiens. De leur côté, les chefs voyaient la présence de la PCN-O d'un bon oeil. Le trafic du whisky avait des effets dévastateurs sur leurs tribus, et les troupeaux de bisons qui comptaient autrefois de nombreuses bêtes étaient sur le point de disparaître. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
|
« Le dernier grand conseil de l'Ouest par Sydney Hall. En 1881, le marquis de Lorne, gouverneur général du Canada, fait le tour des Territoires du Nord-Ouest. Sa visite revêt une signification particulière pour les Indiens car son épouse, la princesse Louise, est la fille de la « Grande Mère Blanche » elle-même, la reine Victoria1. » « Le gouverneur général est accompagné de Sydney Hall un artiste du London Graphic, des correspondants du London Times et du Toronto Globe, d'un cuisinier français et de six domestiques. Le groupe du vice-roi est escorté tout au long de son itinéraire par une troupe de la Police à cheval du Nord-Ouest1. » « Ce croquis de Hall représente le gouverneur général tenant conseil avec les Pieds-Noirs à Blackfoot Crossing, le 10 septembre 18811. » |
||||||||||||||||||||||||||
|
Les traités conclus avec les Indiens Afin d'assurer la fin des travaux de la ligne du Canadien Pacifique et la colonisation pacifique du Nord-Ouest, il fallait absolument mettre fin aux revendications territoriales des Indiens. C'est pourquoi, le gouvernement canadien commença de conclure des traités avec les Indiens peu de temps après l'achat des Territoires en 1870. En vertu de ces traités, les Indiens cédaient leurs revendications territoriales en échange d'un certain nombre d'avantages, qui incluaient généralement :
En 1875, le gouvernement avait acquis les titres de propriété de tout le territoire à l'ouest du Manitoba, à l'exception de celui que revendiquaient les Saskatchewans et les tribus de la Confédération des Pieds-Noirs. Le 23 août
1876, le gouvernement conclut un traité avec les Cris et les Assiniboines
de la Saskatchewan et, le 22 septembre 1877, il signa un traité
avec les tribus de la Confédération des Pieds-Noirs. Dans
ses relations avec les Indiens, la PCN-O avait gagné la confiance
de ces derniers, confiance qui était cruciale pour arriver à
la signature des traités. Comme Red Crow, chef des Gens du Sang,
le disait : « Tout ce que la Police à cheval a fait a été
pour notre bien ». En 1875, les autorités américaines décidèrent que tous les Indiens devaient être établis, le 31 janvier 1876 au plus tard, dans les réserves qui leur étaient assignées ou être considérés comme des ennemis des États-Unis. Beaucoup de tribus indiennes refusèrent et l'armée entreprit une campagne pour les obliger à aller dans leurs réserves. En juin 1876, cinq pelotons du 7e Régiment de cavalerie, sous le commandement du lieutenant-colonel George Custer, attaquèrent un campement de Sioux, près de la rivière Little Bighorn, au Montana, 300 milles au sud des collines du Cyprès. Dans l'une des batailles les plus controversées de l'histoire américaine, les troupes de Custer, qui comptaient plus de 200 hommes, furent exterminées. Après ces événements, un grand nombre de Sioux traversèrent la frontière pour se réfugier au Canada, dans les collines du Cyprès. La tâche de la PCN-O fut alors très difficile. Les Sioux avaient traditionnellement été les ennemis de beaucoup de tribus canadiennes et la situation menaçait de mettre en péril les relations pacifiques qui existaient entre les Indiens et le gouvernement. De plus, la Police à cheval devait s'assurer que les Sioux obéissaient aux lois canadiennes et qu'ils n'utiliseraient pas le sol canadien comme base pour attaquer les États-Unis. À cause de la venue des Sioux, plusieurs détachements furent établis dans les collines du Cyprès et le fort Walsh devint le centre principal des opérations de la PCN-O. Toutes les tentatives visant à persuader les réfugiés de retourner aux États-Unis furent vaines. Cependant, en 1879, avec la raréfaction des troupeaux de bisons et le fait que les Indiens commençaient à se rendre compte que leur mode de vie traditionnel n'était plus possible, de petits groupes commencèrent à retourner de l'autre côté de la frontière. En 1881, on persuada les derniers Sioux de quitter le territoire canadien. Les fonctions variées de la PCN-O Après 1874, les fonctions de la PCN-O furent nombreuses et variées, allant bien au-delà du maintien général de l'ordre. Pendant bien des années, la Police à cheval fut responsable des services postaux entre les hameaux et les casernes de la police qui servaient de bureau de poste. Les policiers venaient aussi en aide aux malades, aux victimes d'accidents et aux gens touchés par le blizzard pendant l'hiver. Ils aidaient également les gens menacés de famine ou d'autres formes de privation. On retrouvait les gens perdus, on escortait les aliénés à l'asile le plus proche, à Brandon, et l'on s'occupait des mariages et des enterrements. Les médecins de la PCN-O prenaient soin des Indiens, des colons, ainsi que des membres de la Police à cheval. Au fil des ans, la PCN-O fournit une aide croissante à divers ministères du gouvernement : protégeant des terres à bois au nom du ministère de l'Intérieur; agissant en tant qu'agents de la quarantaine pour le ministère de l'Agriculture; prélevant les droits de douane pour l'administration des douanes; et distribuant les paiements prévus par les traités pour le ministère des Affaires indiennes. La PCN-O participa également à la préparation des recensements de 1881, 1885, 1891 et 1895
|
||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||
|
La ligne du Canadien Pacifique De 1882 à 1885, la PCN-O eut la responsabilité de maintenir l'ordre pendant la construction de la ligne du Canadien Pacifique. L'inspecteur Samuel Steele reçut le commandement d'un détachement spécial qui devait faire respecter la Loi pour le maintien de la paix au voisinage de travaux publics qui interdisait de boire et de jouer à une distance de moins de 10 milles de chaque côté de la ligne de chemin de fer. De plus, la Police à cheval escortait le responsable de la paie de la compagnie, mettait fin aux querelles, s'occupait des grévistes en colère, et prévenait les vols et les cambriolages. Avec le développement d'un nombre croissant de villes et de villages le long du chemin de fer, on établit des détachements afin de faire respecter la loi et de maintenir l'ordre. C'est pourquoi, pour mieux répondre à ses nouvelles responsabilités, la Police à cheval vit ses effectifs augmenter. En 1882, on déménagea les quartiers généraux de la PCN-O de fort Walsh à Regina, la nouvelle capitale. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() La cérémonie du « dernier clou » le long de la ligne du Canadien Pacifique, en 1885. Les membres de la PCN-O sont en uniforme, au centre. |
||||||||||||||||||||||||||
|
Avec la signature des traités conclus avec les Indiens, le gouvernement canadien espérait que les diverses tribus s'adapteraient graduellement à une vie sédentaire, en s'établissant paisiblement dans les réserves et en cultivant la terre pour se nourrir. Les Indiens cependant ne prirent pas tout de suite possession de leurs terres, ils continuèrent plutôt de chasser le bison. Cependant, comme le nombre de bisons diminuait rapidement, ils n'eurent plus tellement de choix et, à contrecoeur, ils s'installèrent dans les réserves. Ils n'en éprouvaient pas moins du ressentiment et de l'amertume face à la perte de leur territoire et en fait, une fois dans les réserves, ils étaient réduits à mendier pour avoir de la nourriture et répondre à leurs autres besoins. Il y eut plusieurs confrontations sérieuses entre les Indiens et les représentants du ministère des Affaires indiennes. On craignait que la situation ne dégénère en rébellion. En 1884, les Métis de la Saskatchewan, menacés par l'invasion des colons blancs, présentèrent une requête à Ottawa afin d'obtenir un titre de propriété pour les lots riverains de la Saskatchewan-Nord. Ils étaient représentés par Louis Riel, le chef de la Rébellion de la rivière Rouge en 1869. Utilisant premièrement des moyens légaux, Riel établit par la suite un gouvernement provisoire en mars 1885 avec le soutien de certaines tribus cries.
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
«
La bataille de Duck Lake, décrite par le Canadian Illustrated War
News, 4 juillet 1885. Le commissaire Irvine ne se trouve qu'à quelques
heures avec des renforts de plus de cent hommes lorsque le surintendant
Crozier sort impétueusement du fort Carlton avec une troupe de la
Police à cheval et des volontaires de Prince-Albert pour affronter
les métis rebelles. La bataille qui s'ensuit se déroule à
deux milles environ du petit établissement de Duck Lake. «
Lorsque j'ai constaté que l'ennemi était de loin plus nombreux
que nous l'étions, » écrit Crozier, « qu'il était
en embuscade presque tout autour de nous et qu'il avait l'avantage du terrain
et du couvert... il sembla prudent d'abandonner l'essai de pousser jusqu'à
Duck Lake et de retirer ma troupe. » Sous de fortes chutes de neige,
la troupe bat rapidement en retraite jusqu'au fort Carlton sur ses traîneaux,
laissant quelques morts et blessés en arrière. Elle est rejointe
au fort quelques minutes plus tard par le commissaire Irvine, indigné
et consterné de découvrir que le surintendant Crozier avait
imprudemment engagé la bataille avec les rebelles sans l'attendre1.
»
« Les gens de l'Est sont étonnés lorsque les nouvelles du combat les atteignent par télégraphe le soir du 27 mars. Peu d'entre eux avaient pensé que l'agitation des métis conduirait à la rébellion1. » |
|||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||
|
Par la suite, la PCN-O reprit ses fonctions et assuma le maintien de l'ordre dans l'Ouest. Le nombre de gendarmes fut augmenté à 1 039, afin de pouvoir répondre aux demandes. Aucune partie des plaines n'était hors d'atteinte de la PCN-O et, pour que les régions éloignées puissent avoir de l'aide, on engagea des Indiens et des Métis comme porteurs et éclaireurs. Le commissaire L. W. Herchmer (1886-1900) L'année 1885 marqua de début d'une ère nouvelle dans l'histoire de l'Ouest du Canada. Avec la défaite de Riel et l'achèvement de la ligne du Canadien Pacifique, le rideau tomba graduellement sur l'ancienne société frontalière pour faire place à une période de croissance et de colonisation dans les Prairies. L'ère frontalière terminée, la PCN-O n'était plus indispensable comme organisme militaire. Ses fonctions devenant essentiellement civiles, il fallait absolument que la Police à cheval devienne avant tout un service de police qui réponde aux besoins des colons. En 1886, la nomination de Lawrence William Herchmer en tant que nouveau commissaire entraîna une réorganisation fondamentale de la Police à cheval. Une série de réformes importantes suivirent. On structura la formation, en portant une attention toute spéciale aux tâches et aux responsabilités d'un agent de police. De nouveaux règlements furent élaborés et inclus dans « Les Ordonnances et les Règlements » publiés en 1889. Dans le but d'améliorer l'efficacité de la Police à cheval, les normes de recrutement furent suivies de façon plus stricte, et les nouveaux membres durent se soumettre à une période de probation. La discipline fut plus rigoureuse et les ivrognes furent congédiés. De plus, on ouvrit des économats où l'on vendait des biens au coût de revient. On y vendait aussi de la bière à 40 % pour éviter que les hommes aillent dans les bars. Herchmer mit également sur pied une section de policiers en civil pour appliquer les lois sur l'alcool plus efficacement et il fit établir une école d'équitation à Regina. Toutefois, le nouveau commissaire ne réussit pas à obtenir des lits pour les hommes qui étaient forcés de continuer à dormir dans des lits de sangles ou sur le sol, contractant ainsi des rhumatismes. (En 1893, on acheta des lits en fer, mais seulement pour les divisions de Regina, de Calgary et de Lethbridge.) Le commissaire ne réussit pas non plus à obtenir d'augmentation pour les gendarmes de la Police à cheval, mais il réussit l'implantation d'un programme de retraite pour les officiers et les hommes en 1889. La réalisation la plus importante de Herchmer fut la création d'un vaste système de patrouille. Selon ce système, la PCN-O était répartie en petits détachements à travers les Territoires avec la responsabilité d'assurer une patrouille constante dans le district qui lui avait été assigné. On prépara une formule de rapport à l'intention des gendarmes de la Police à cheval, sur laquelle on ordonna aux membres de noter « tout ce qu'ils avaient pu observer : déplacements de personnes douteuses, état des récoltes, perspectives des récoltes de foin, [...] les beaux chevaux qu'ils pouvaient voir » et le nom de leur propriétaire et de joindre à chaque rapport une carte rudimentaire. Pour faciliter la communication, bien des détachements furent équipés d'un téléphone ou du télégraphe. En 1887, le nombre de délits en milieu rural avait diminué à cause du système de patrouille. En 1890, on introduisit les patrouilles volantes (c.-à-d. des patrouilles qui ne suivaient pas des pistes habituelles). Malheureusement, l'efficacité même du système contribua à sa perte. Les critiques au Parlement remirent en question la nécessité d'un corps de police aussi grand et aussi coûteux alors qu'il y avait si peu de crimes et que les menaces de violence de la part des Indiens avaient cessé. Par conséquent, les effectifs de la Police à cheval, qui avaient augmenté à 1 039 hommes en 1885, furent réduits à 933 en 1893 et à 750 en 1896. Ironiquement, en 1898, le nombre de gendarmes dans les Prairies diminua à 563, juste au moment où bien des colons commencèrent à arriver. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
![]() |
|||||||||||||||||||||||||
|
«
La patrouille en « tenue de prairie », Maple Creek, 18901.
»
|
«
Les gendarmes en patrouille étaient obligés de rendre visite
à tous les colons qu'il y avait dans leur district et de leur demander
s'ils avaient des plaintes à formuler. Enquête faite, on demandait
au colon de signer le registre indiquant qu'on lui avait rendu visite et
qu'on lui avait posé la question1. » |
|||||||||||||||||||||||||
|
Après la rébellion de 1885, la majorité des Indiens s'adaptèrent à la vie dans les réserves. Cependant, plusieurs incidents graves se produisirent, illustrant bien l'écart qui existait entre les Indiens et les colons blancs. En 1887, juste de l'autre côté de la frontière, en Colombie-Britannique, des difficultés surgirent entre les Kootenays et les colons locaux. La situation se détériora lorsque des Kootenays attaquèrent la prison provinciale de Wild Horse et libérèrent un Indien accusé d'avoir tué plusieurs mineurs blancs. Sous le commandement de Samuel Steele, trois officiers et 75 hommes de la PCN-O partirent de fort Macleod en juin. Au bout de plusieurs mois, Steele put rétablir l'ordre et la PCN-O se retira en août 1888. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
|
Le
surintendant Samuel Benfield Steele
|
||||||||||||||||||||||||||
|
L'incident le plus sérieux dans les Prairies impliqua un jeune Cri du nom de Voix-toute-puissante. En octobre 1895, il avait été arrêté pour avoir tué une vache appartenant à un colon et il fut condamné à 30 jours d'emprisonnement dans une des cellules du détachement de Duck Lake. Mais le jeune homme s'échappa et fut découvert quelques jours plus tard près de la réserve One Arrow par un sergent de la PCN-O. Alors que l'officier essayait de l'arrêter, Voix-toute-puissante prit son fusil et le tua. Le meutre fit naître de l'inquiétude et l'on craignit que des incidents semblables ne se reproduisent à moins que le meurtrier ne soit appréhendé rapidement. Voix-toute-puissante réussit toutefois à éviter la police pendant plus d'un an. De surcroît, ses exploits avaient gagné la sympathie d'autres Indiens. Le gouvernement offrit 500 $ pour la capture de Voix-toute-puissante, mais sans résultat. Enfin, une patrouille de recherche finit par le découvrir près de Duck Lake, accompagné de deux Cris armés. Les gendarmes poursuivirent les trois individus jusque dans un boisé épais. Après avoir essayé sans succès de mettre le feu à la broussaille verte, la police s'aventura dans le boisé. Pendant la confrontation qui suivit, deux officiers furent gravement blessés et la police se retira. À la tombée de la nuit, craignant que Voix-toute-puissante ne s'échappât, on décida d'attaquer une deuxième fois. Malheureusement, ce fut une décision désastreuse qui entraîna la mort de deux gendarmes et d'un civil. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
|
«
La Division « D» commandée par le surintendant Sam
Steele et portant casque blanc en route de Fort Steele à Fort Macleod,
août 18881. »
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| Voix-toute-puissante Kitchi-Manito-Waya, le Cri qui tua par balle le sergent Colin Colebrook en octobre 1895. | ||||||||||||||||||||||||||
|
Des renforts furent dépêchés sur les lieux depuis Prince Albert et ils arrivèrent au coucher du soleil. Le commissaire Herchmer ordonna à ses hommes d'arrêter de prendre des risques inutiles et envoya de Regina des renforts additionnels par un convoi spécial. À 10 heures du soir, toute la police, y compris les bénévoles et deux canons de campagne entourèrent les lieux et se préparèrent pour attaquer à l'aube. Au matin, la police ouvrit le feu et, après un tir nourri, put pénétrer dans le boisé. Voix-toute-puissante et ses deux compagnons étaient morts. Par la suite, Herchmer fut critiqué pour l'excès de force employée, mais le commissaire défendit la police parce qu'il croyait qu'il était nécessaire de montrer l'exemple.
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
|
Les
canons de campagne de la Police montée bombardent l'escarpement
où Almighty Voice est ses compagnons s'étaient retranchés
en mai 1897.
|
||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| Le
Gens-du-Sang Charbon, ou Si'k-Okskitis, qui fut pendu à Macleod en
1897 pour le meurtre du sergent W.B. Wild (Institut Glenbow-Alberta) |
||||||||||||||||||||||||||
|
En 1894, le gouvernement était préoccupé par la protection de la souveraineté du Canada au Yukon. La seule loi ou autorité de la région était celle d'une communauté de mineurs qui administraient leur propre justice lors « d'assemblées de mineurs ». De plus, les négociants en fourrures qui entraient au Yukon par l'Alaska ne payaient pas les frais de douanes canadiens. L'inspecteur Charles Constantine fut envoyé dans le Nord pour enquêter sur les conditions qui régnaient dans la région et recommanda que l'ordre soit établi par un détachement de la Police à cheval d'au moins 35 à 40 hommes. En 1895, on ordonna à Constantine de retourner au Yukon, mais avec un contingent de seulement 19 hommes. Il fit construire le fort Constantine sur la rivière Yukon, le premier poste de la PCN-O du territoire. En 1896, la PCN-O réussit à faire respecter les lois canadiennes et l'autorité dans l'ensemble du Yukon. À la même époque, on découvrit une abondance d'or à la crique Bonanza, et en l'espace de deux ans, des milliers de mineurs, de joueurs et d'aventuriers du monde entier vinrent dans la région. C'est pourquoi, on fit bâtir des postes de police au sommet des cols White et Chilkoot, et d'autres détachements, plus de 30 au total qui furent établis dans des endroits où l'on faisait une nouvelle découverte ou alors dans les hameaux existants que l'on découvrait. Le premier détachement de 19 hommes compta 99 hommes en été 1897 et 285 en 1898. Le gouvernement créa également la Troupe de campagne du Yukon, un bataillon militaire de plus de 200 hommes qui aidaient en assurant la garde et les escortes.
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
|
« Ascension du col Chilkoot, 1898. À l'hiver 1897-1898, des milliers d'hommes et de femmes avides d'or se frayent un chemin à partir des ports de la côte de l'Alaska et par-dessus les cols Chilkoot et White jusqu'à Dawson. À Sheep Camp, du côté américain du col Chilkoot, la foule pleine d'espoir rassemble et emballe ses provisions pour la dernière ascension éreintante. Un glissement de terrain, en avril 1898, y tue soixante-douze personnes1. » « L'inspecteur R. Belcher qui était en service au sommet du col fait descendre ses hommes pour aider à la récupération et à l'identification des corps. » |
||||||||||||||||||||||||||
|
La voie qu'empruntait la majorité des mineurs pour se rendre au Yukon était la mer, en suivant les ports de la côte Ouest du Canada et des États-Unis jusqu'à Skagway, en Alaska. Ensuite, les mineurs passaient par les montagnes et descendraient à Dawson par la rivière Yukon. En 1897, dans le but de découvrir toutes les voies canadiennes, une patrouille conduite par l'inspecteur J. D. Moodie reçut l'ordre de se rendre par voie terrestre à Dawson en partant d'Edmonton. Au bout d'un voyage périlleux de plus de 700 milles à travers la chaîne de montagnes du nord de la Colombie-Britannique et du Yukon, la patrouille atteignit Dawson plus d'un an après. Bien que l'aventure ait été une belle démonstration d'endurance, il était évident qu'une voie terrestre était impraticable, du moins à ce moment-là. C'est seulement beaucoup plus tard, qu'on allait construire la route de l'Alaska. |
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| La caserne de police, à Dawson (Yukon), à minuit, en juin 1899. Le surint. S.B. Steele se trouve à l'extrême gauche de la photo; l'insp. Cortlandt Starnes et sa femme sont les troisième et quatrième personnes à partir de la gauche. | ||||||||||||||||||||||||||
|
La Ruée vers
l'or ne dura pas longtemps. En 1899, elle commença à diminuer
et la population de la région déclina. En 1910, les deux
divisions de la PCN-O basées à Dawson et à Whitehorse
furent amalgamées avec les quartiers généraux à
Dawson. C'est alors que les effectifs de la Police à cheval furent
réduits à 60 hommes.
|
||||||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||||||
| « Les membres de l'escadron « D », deuxième Canadian Mounted Rifles, au repos, lors de l'offensive contre les Boers près de Majuba Hill1. » | ||||||||||||||||||||||||||
|
Le système
de patrouille de la PCN-O fut réorganisé par le commissaire
Aylesworth Perry en 1901. Il résolut le problème du manque
de personnel en affectant un certain nombre d'hommes à des patrouilles
spécialisées qui se déplaçaient constamment,
couvrant ainsi la plus grande surface de territoire possible dans les
plus brefs délais. La plus grande innovation du commissaire Aylesworth
Perry fut cependant l'établissement du rapport de crime. Les membres
de la Police à cheval durent faire des rapports détaillés
sur tous les aspects de leur travail. Ensuite, ces rapports étaient
envoyés au quartier général de Regina afin d'y être
indexés sur des fiches et classés dans des dossiers. |
||||||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||||||
|
En 1890, la PCN-O commença de faire son travail dans le vaste territoire qui se trouve à l'ouest de la baie d'Hudson. À la fin du XIXe siècle, un nombre croissant de négociants en fourrures, de trappeurs et de prospecteurs étaient attirés par la région. Par conséquent, il fallait que le contrôle de la police soit plus efficace afin de protéger les peuples autochtones, faire respecter les lois sur les boissons alcoolisées et sur la chasse, et protéger la souveraineté canadienne. En 1897, on établit des détachements à fort Chipewayan, à Athabasca Landing et à Petit lac des Esclaves. En 1903, la PCN-O commença à patrouiller dans le territoire de ce qui, par la suite, amènerait toute la partie continentale du Nord sous l'autorité canadienne. Étant donné que les gouvernements canadien et américain ne s'entendaient pas sur le tracé de la frontière de l'Alaska, on décida d'envoyer des patrouilles dans le territoire. Lorsque la question fut résolue en faveur des États-Unis, le gouvernement du Canada se préoccupa des activités des baleiniers américains, craignant en effet de perdre une autre partie de son territoire. C'est pourquoi, on établit des détachements à Fort McPherson et à l'île d'Herschel, le premier poste du côté de l'océan Arctique. C'est ainsi qu'en 1903, trente ans après sa création, la Police à cheval faisait respecter la loi et maintenait l'ordre dans une vaste région du Nord et de l'Ouest canadien. Le personnel de la PCN-O était réparti de la frontière internationale à l'océan Arctique, et de la baie d'Hudson à la frontière de l'Alaska. Par son travail, le personnel de la Police à cheval a permis une colonisation pacifique ainsi que l'établissement des frontières canadiennes dans l'Ouest et le Nord.
|
||||||||||||||||||||||||||
|
1. Pourquoi la PCN-O fut-elle créée?
2. Quels furent les objectifs immédiats de la Marche vers l'Ouest?
3. Quelles sont les principales réalisations du commissaire James Macleod?
4. Un objectif important de la « Politique nationale » du gouvernement fédéral était le développement de l'Ouest canadien. Un historien a décrit le rôle de la Police à cheval pendant la période de la société frontalière comme étant celui d'un « agent de la politique nationale ». Expliquez la signification de ce terme.
5. Quels changements essentiels dans le rôle de la PCN-O entraîna la colonisation de l'Ouest?
6.
Quelle était l'importance des patrouilles de la PCN-O au temps
du commissaire Herchmer? Quelle réorganisation le commissaire
Perry a-t-il effectuée?
7. Quelle est, dit-on, la plus grande innovation du commissaire Perry?
|
||||||||||||||||||||||||||