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Surveillance aéroportuaire et participation des « guetteurs »

Résumé

L'Aéroport international d'Ottawa a depuis peu recours à des passionnés de l'aviation (guetteurs) dans le cadre du Programme de surveillance aéroportuaire et du programme Jetway (hyperlien avec la meilleure pratique Jetway et au Dépistage des véhicules contrebandiers). Cette nouvelle initiative vise à accroître la prévention et la détection de la criminalité, et à rendre l'Aéroport et ses environs sécuritaires et ce, pratiquement gratuitement. Elle vient compléter le Programme de surveillance aéroportuaire en le rendant plus efficace, et consiste pour des observateurs désignés à tenter de repérer eux-mêmes toute activité suspecte, tâche qui n'était assumée que par des employés de l'aéroport qui se trouvaient à l'intérieur du périmètre de sécurité. Les « guetteurs » demeurent à l'extérieur du périmètre et ne constituent pas une menace visible pour les criminels.

Problème

L'industrie de l'aviation est un chef de file mondial dans le domaine de la sécurité grâce à la prévention. Lorsqu'on pense à la criminalité dans le monde de l'aviation, on pense aux attentats terroristes à la bombe et aux détournements. Même s'ils sont rares au Canada, de tels crimes se sont malheureusement déjà produits. D'autres crimes moins graves comme le vol, le vandalisme et la contrebande affectent aussi le bon fonctionnement de tout aéroport ainsi que le bien-être de ses employés et de ses clients.

Objectif

La prévention criminelle dans les aéroports et celle dans les maisons sont essentiellement les mêmes. Il s'agit de prévoir les risques, puis les mesures à prendre. Il suffit souvent d'éliminer les invitations au crime pour dissuader les malfaiteurs de mettre leur projet à exécution. La plupart des crimes se produisent lorsque l'occasion se présente et qu'il y a peu de risques de se faire prendre. Un programme efficace de surveillance aéroportuaire, qui englobe la prévention criminelle, constitue la base de l'élimination, ou du moins de la réduction au minimum des risques de crimes dans les aéroports. Les « guetteurs » démontrent que s'ils étaient engagés à titre de bénévoles dans le cadre du Programme de surveillance aéroportuaire, la détection et la prévention criminelle pourraient être améliorés considérablement.

Partenaires

Des corps policiers et des services de renseignement de partout au pays, ainsi que des agences de pays alliés nous fournissent des renseignements stratégiques sur toute personne qui tirerait avantage d'un crime majeur de l'aviation. Le service de la sécurité de l'Aéroport international d'Ottawa est coordonné par le Centre de sûreté opérationnel, dont le personnel se compose de membres du Corps canadien des commissionnaires (CCC) et des agents du Service de police régional d'Ottawa-Carleton, ces derniers se chargeant des interventions armées. Des douzaines de caméras télécommandées surveillent les endroits critiques à l'intérieur et autour du terminal principal. Transports Canada fournit un agent de sécurité de la sûreté et la GRC a sur place un sous-groupe de la Section des enquêtes relatives à la sécurité nationale. Les membres en civil de ce sous-groupe remplissent plusieurs fonctions, comme prêter leur assistance à d'autres corps policiers.

Le Programme de surveillance aéroportuaire à l'Aéroport international d'Ottawa peut aussi compter sur des partenaires habituels, entre autres les employés des autorités aéroportuaires, First Air, Air Canada, les Services d'Aviation Général Hudson et les employés des services d'aviation généraux, de même que le Centre d'accueil des dignitaires, le Conseil national de recherches du Canada, Environnement Canada et le ministère de la Santé.

Nouvel ajout au Programme de surveillance aéroportuaire habituel : la contribution de ceux qui visitent régulièrement l'Aéroport, simplement pour observer l'activité sur place et sur le terrain. Ces personnes, connues internationalement sous le nom de « guetteurs », se retrouvent dans la plupart des grands aéroports, militaires et civils.

Actions et résultats

Le terme « guetteurs » est apparu en Angleterre, il y a environ 80 ans, au coeur de l'ère de la locomotive à vapeur. Il s'appliquait aux personnes qui guettaient les trains afin de prendre en note le numéro de la locomotive et qui s'échangeaient ces informations en guise de passe-temps. De nos jours, ce passe-temps est très bien organisé au Royaume-Uni et en Europe, et il est bien accueilli dans la plupart des aéroports internationaux. Nombre de « guetteurs » sont d'anciens militaires, des militaires à la retraite, des étudiants et des pilotes. Ils sont tous intéressés par l'aviation en général et ils connaissent très bien la disposition du périmètre de l'aéroport. Ils peuvent passer des heures sur les routes d'accès public, à regarder des aéronefs à partir de la clôture périphérique. Ils sont généralement équipés de jumelles, d'un horaire des vols, d'un récepteur à balayage et d'un téléphone cellulaire. Cet environnement leur étant familier, nombre d'entre eux reconnaissent ceux qui se rendent à l'aéroport , régulièrement ou non.

Au tout début, le gend. Brunelle a abordé un grand nombre de « guetteurs » afin de savoir s'ils seraient intéressés à contribuer à la surveillance aéroportuaire et s'ils étaient aptes à faire partie du Programme. Ils se sont tous montrés intéressés étant donné qu'ils passaient déjà beaucoup de temps sur les lieux. De plus, ils ont tous accepté de se soumettre à une enquête de sécurité. Certains ont même été soulagés d'apprendre que leur présence près du périmètre n'était pas inopportune. En moins d'un an, on a recruté vingt « guetteurs ». Environ la moitié d'entre eux se sont joints au Programme sur la recommandation des onze premiers participants. Parmi eux : un ancien conservateur du Musée national de l'aviation, deux anciens combattants du 1er bataillon canadien de parachutistes, des élèves-pilotes, des anciens sous-officiers de l'Aviation royale du Canada, deux ministres du culte, des anciens agents chargés de la sécurité au gouvernement, des auteurs, artistes, consultants, ingénieurs informatiques. Ils ont tous un point commun : ils aiment l'aviation. La plupart d'entre eux connaissent bien les aéronefs en général et ils peuvent déjà facilement détecter des signes suspects ou reconnaître un aéronef en détresse.

Les cadres ont été impressionnés par le calibre des bénévoles et ils ont été avisés que cette initiative ne remplacerait pas le programme de sécurité présentement en vigueur, mais qu'il le renforcerait. On déconseille fortement que les « guetteurs » interviennent en cas d'infraction. On leur demande simplement d'être tout yeux tout oreilles pour les voyageurs tout en pratiquant leur passe-temps favori.

Évaluation

Même s'il n'est pas établi que pour participer au programme, il faut passer un certain nombre d'heures à l'aéroport, le « guetteur » moyen s'y rend environ cinq fois par semaine alors que certains y vont jusqu'à trois fois par jour! Que ce projet existe ou non, les « guetteurs » se rendront dans les grands aéroports. Pour l'instant, on a voulu qu'ils fassent connaissance entre eux, pour assurer leur propre sécurité lorsqu'ils se trouvent dans des secteurs isolés de l'aéroport. Ils sont au courant des risques qu'ils courent et ils peuvent appeler directement la sécurité de l'aéroport au besoin. Les responsables du programme gardent tout de même un certain contrôle sur les « guetteurs ». En effet, ils leur font passer des contrôles de sûreté et leur imposent des règles à suivre. Étant donné que les « guetteurs » contribuent directement au bon fonctionnement de l'aéroport et au bien-être de ses clients, on a décidé de leur donner un accès escorté à l'aire de stationnement, une ou deux fois par année, pour qu'ils puissent observer certains avions. Lors des réunions tenues dans le but de procéder à cette phase du projet, les autorités aéroportuaires ont offert aux « guetteurs » des rafraîchissements et des casquettes de l'aéroport d'Ottawa.

Leçons apprises

Tout le monde tirera profit du Programme. D'abord il y a ceux qui bénéficieront d'une plus grande sécurité à l'aéroport et dans les environs, et ce pratiquement gratuitement. Puis il y a la GRC qui est présente dans tous les grands aéroports, même s'il ne s'agit que d'une présence en civil dans certains. De plus, il y a les clients de l'extérieur de la région qui y gagnent. On a récemment eu la preuve que cette initiative porte fruit : les rapports entretenus entre un « guetteur » et ceux d'un autre aéroport (celui de North Bay) nous ont permis de suivre les départs et arrivées d'une compagnie d'avions-cargo sur laquelle nous nous renseignions. Non seulement la présence de la compagnie aérienne a été confirmée, mais le « guetteur » local connaissait l'immatriculation de chacun de ses aéronefs ainsi que les dates voulues. Les « guetteurs » sont dorénavant considérés comme utiles et ils sont chaleureusement accueillis par les autorités des aéroports.

Grâce à la formation et aux techniques du programme Jetway (hyperlien avec la meilleure pratique Jetway et au Dépistage des véhicules contrebandiers) et en informant les « guetteurs » de ce qu'il faut chercher, nous comptons améliorer la détection et la saisie de produits de contrebande acheminés par des criminels qui utilisent la voie des airs et les grands aéroports.

Personnes-ressources

Gend. Jacques Brunelle
Aéroport international d'Ottawa (Macdonald-Cartier)
Section des enquêtes relatives à la sécurité nationale
Service divisionnaire de la police criminelle, Division A
(613) 998-1740

Agent Gary Davidson,
Service de police régional d'Ottawa-Carleton
Groupe aéroportuaire.
(613) 236-1222 poste 5961



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11 septembre 2000